mercredi 9 novembre 2011

Etude comparative de publicités presse pour des best-sellers

Dans le magazine ELLE daté du 23/09/11, j'ai trouvé 2 publicités pour des livres qui m'ont interpellé: d'abord parce que des pubs presse en pleine page pour des livres, on n'en voit pas tant que ça, et ensuite parce elles étaient l'une à la suite de l'autre. A milieu de la rubrique Livres du magazine, of course.

Je me suis donc livrée à une petite analyse comparative de ces 2 visuels:
- p.98: KATIBA/ JC Rufin/ Folio
- p.100: TUER LE PÈRE/ A. Nothomb/ Albin Michel


Sont-ils vraiment destinés à la même cible?




On commence par les points communs:
  • la présence dans le même magazine féminin (les plus grandes lectrices), au moment de la rentrée littéraire
  • un packshot produit
  • des auteurs archi- connus et générateurs de ventes pour leur maison d'édition respective
  • la présence en bas à droite (du logo de) de la maison d'édition: dans le sens de parcours de l’œil
Les différences maintenant:
* Amélie Nothomb/ Tuer le père/ Albin Michel:
Le livre est fermé, peu de texte sur la pub à part l'énorme accroche AMÉLIE M'A TUER. La double référence, au titre du livre (TUER LE PÈRE) et à l'inscription "laissée par la victime" dans l'affaire Omar Raddad (OMAR M'A TUER), avec la même orthographe d'ailleurs, démontre un 2nd degré assumé. 
Le livre occupe un bon tiers du visuel, la couverture arborant un portrait de l'auteure par Miss Tic ainsi que les couleurs orange, rouge, noir renforcent le côté agressif. 
C'est clair, simple et direct, et en même temps complètement décalé, ce qui demande un certain niveau de connivence avec le lecteur. La cible est ici plutôt urbaine et branchée.

* Jean-Christophe Rufin/ Katiba/ Folio:
Ici, le livre est ouvert et mis en situation: un jeune homme est assis à même le sol, très concentré. On devine une ambiance de vacances, c'est l'été (manches courtes+ soleil en arrière plan à gauche). Une jeune femme a côté jette un œil sur le livre et questionne le lecteur (dialogue écrit).
Un certain mystère se dégage, grâce à la femme en mouvement sur la couverture du livre et à l'évocation d'une espionne dans le texte. 
La baseline de Folio ("vous lirez loin") rajoute au sentiment d'évasion que peut procurer un tel livre. L'annonce est moins conceptuelle, mais on s'identifie plus à ce jeune homme.

La cible visée est plus généraliste: celles qui souhaitent acheter un bon bouquin bien prenant. Et si on n'aime pas JC Rufin, on peut toujours aller sur le site web de folio mentionné en bas à gauche.

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